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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/80

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VIE DE MÉLANIE

lumineux et entouré d’une grande lumière. Il avait dans ses mains une petite colombe blanche.

À la vue de cette majesté inappréciable, je me profondais dans mon rien. Intellectuellement j’entendis le Divin maître disant à la Lumière éternelle (que je compris être le Père Éternel) : « Que faisons-nous de cette petite créature ? Lui donnerons-nous une jolie couronne de fleurs ? » (J’avais déjà tout compris), je me hâtai de dire : « Non, non, Seigneur, pas de fleurs sur la terre ! puisque depuis votre incarnation, c’est-à-dire depuis l’union de votre divinité avec votre humanité sainte, vous avez souffert en votre esprit et en votre corps plus que tous les martyrs ensemble et vous avez été couronné d’épines mortelles, puisqu’elles entrèrent dans vos yeux et dans le crâne de votre tête adorable, puis vous avez été cloué sur une croix pour nous sauver ; donnez-moi, Seigneur, la grâce de souffrir pour votre amour tout ce qu’il vous plaît que je souffre, jusqu’à ce que vous m’appeliez à votre gloire. » Tout cela s’est dit intellectuellement. À cela l’éternelle Lumière s’est approchée de Notre-Seigneur et a fixé dans les yeux la petite colombe et lui a tracé une croix sur la tête,