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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/76

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VIE DE MÉLANIE

bonté, enfin toute sa vie publique et surtout sa Passion. Mais lorsqu’il en était à la Passion je lui dis : « Ah ! mon Frère, ne m’en dites pas davantage ; je sais combien mon bon Dieu a souffert pour nous mettre dans le ciel. L’homme de la maison où je restais avant que la femme me mît dehors m’avait raconté tout ça et je voudrais moi-même souffrir comme mon bon Dieu. Oh ! je n’oserai jamais entrer dans le paradis si je ne souffre comme le bon Jésus. « Puis mon aimable Frère me dit : « Ma sœur, fuyez le bruit du monde, aimez la retraite et le recueillement : ayez votre cœur à la croix et la croix dans votre cœur ; que Jésus-Christ soit votre seule occupation. Aimez le silence et vous entendrez la voix du Dieu du ciel qui vous parlera au cœur ; ne formez de liaison avec personne et Dieu sera votre tout. »

Mon petit Frère venait à peu près tous les jours pour me voir ; quelquefois il restait un jour sans venir, mais souvent il venait plusieurs fois dans le même jour. Nous conversions toujours sur la passion ou sur la vie cachée de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je m’étais enfoncée dans la forêt ; si je tombais dans le sentier rempli de pierres, il arrivait aussitôt me relever ; nous