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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/74

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VIE DE MÉLANIE

pourtant il est mort pour nous, pour moi, en fermant les yeux… Eh bien ! moi aussi, je veux l’aimer et mourir pour Lui. À présent je me donne pour toujours tout entière à Lui ; je veux l’aimer et le prier avec mes lèvres fermées, puisque le Christ les avait fermées ; je lui dirai mes désirs de le vouloir aimer, d’être toute sienne et de ne vouloir que le Christ. (En demandant la croix de mon Jésus, j’entendais une croix de bois, je ne savais pas porter ma pensée plus haut.)

Il y avait trois ou quatre jours que j’étais dans le bois sans voir ni entendre personne : ma seule occupation était la pensée de la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; souvent je fondais en larmes en pensant combien le péché déplaît à mon bon Dieu, puisqu’il avait fallu que mon Jésus versât tout son sang pour l’effacer et mettre les hommes dans le paradis. Je n’avais plus la force de marcher, je tombais et j’étais plongée dans une profonde tristesse en pensant combien on offensait mon Jésus, puis aussi de ce que, comme les autres enfants, je n’avais point de mère pour tout lui dire et pour lui demander des explications sur la vie de mon Jésus au ciel. Tout à coup, je vois venir à moi un tout petit enfant d’une grande beauté, vêtu