Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/73

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
13
VIE DE MÉLANIE

ma mère avait raison de me vouloir corriger ! J’étais en toutes manières insupportable, car si elle me laissait seule à la maison, dès que des pauvres se présentaient à la porte, je leur donnais tout ce qui se trouvait à ma portée sans en avoir la permission, et si elle m’emmenait avec elle, les personnes que je voyais me faisaient peur, je voulais fuir et je pleurais. Enfin quand ce n’était pas une chose, c’en était une autre, j’étais le tourment de ma pauvre mère et souvent elle disait qu’il aurait été mieux que je fusse morte. De tout mon cœur j’aurais aimé mourir pour faire cesser la continuelle peine que je lui occasionnais.

Comme les autres fois, je m’en allai dans le bois, tout en pensant à ce qu’elle m’avait dit : que je n’avais pas de mère, pas de père, pas de frères, pas d’habitation et que personne ne me voulait. J’étais affligée, même découragée, en pensant que le doux nom de maman, je ne pouvais plus le dire. Cette fois, je pleurai sur mon triste sort. Puis je pensai au Christ, à la Croix de mon père ; je me disais : le Rédempteur avait les yeux fermés, il ne m’a pas regardée, il ne me connaît peut-être pas, comment saura-t-il que je suis ici seule ? Il ne m’a pas parlé et

4.