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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/71

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VIE DE MÉLANIE

regardais, j’embrassais notre doux Sauveur crucifié pour nous et des larmes coulaient de mes yeux. Je pensais à ce que m’avaient dit mon père et ma tante, que chaque fois qu’on pèche on crucifie de nouveau notre divin Rédempteur. Dans mon ignorance je croyais qu’on le crucifiait réellement sur une croix et je me disais que si je voyais quelqu’un qui voulût le crucifier, je lui dirais : « Déjà vous avez fait mourir une fois mon premier père, il est mort pour notre amour, pour nous porter au ciel ; je ne permettrai pas que sous mes yeux vous lui fassiez du mal. Si vous voulez, faites-moi mourir parce que je l’aime et que je veux aller le rejoindre dans le ciel. » En réalité je n’aimais pas le bon Dieu pour Dieu : si je croyais l’aimer, mon amour était tout humain, je l’aimais par sensibilité, parce que mon bien-aimé avait tant souffert et qu’il était mort en croix pour notre félicité éternelle.

Malgré cela, je ne m’amendais pas, je ne me corrigeais pas de mes nombreux défauts. Chaque fois que ma mère me portait dans quelque société, je lui donnais du déplaisir par mes pleurs et mes cris, de sorte qu’elle devait toujours faire retour à la maison. Mes méchancetés étaient