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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/64

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VIE DE MÉLANIE

qu’il n’a cessé de verser sur mon àme sans que je les eusse méritées en aucune manière.

Mon père était natif de Corps, chef-lieu de canton du département de l’Isère, et s’appelait Pierre Calvat[1]. Il était simple maçon et scieur de long, mais bon chrétien. Ma mère, Julie Barnaud, était native de Séchilienne, petite commune du canton de Vizille, dans l’Isère également. Mes parents habitaient Corps ; ils étaient très pauvres ; et mon père étant obligé de travailler au loin pour nourrir sa famille passait souvent des mois entiers dehors. Ce fut en partie pour cela que je fus mise à servir chez des patrons aussitôt que je pus travailler, avant l’âge de sept ans.

Mes parents eurent dix enfants, six garçons et quatre filles. Ils eurent d’abord une fille qui mourut peu de temps après sa naissance. Ils eurent ensuite deux garçons dans l’espace de quatre ans. Ma mère, à qui le temps durait beaucoup dans ce pays, désirait fort d’avoir une petite fille pour lui tenir compagnie quand elle sortait ; enfin elle l’obtint : je naquis le 7 novembre

  1. Dit Mathieu. C’est même sous le nom de Mathieu que Mélanie fut enregistrée au Bureau de l’État civil et à l’Église de Corps.