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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/58

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L
VIE DE MÉLANIE

« rompre les cieux », comme disait Isaïe, et pour en faire descendre le Sauveur. Le Sauveur descendu et immolé, cela ne suffisait pas encore. Il fallait aussi que les misérables enfants acceptassent d’être sauvés et on voit bien, après dix-neuf siècles, que cela n’était pas moins difficile.

Alors Marie ne sait plus que faire. Elle descend à son tour. Elle descend, tout en larmes, sur une montagne et confie son immense peine à la dernière des créatures, en lui disant de la raconter à tout son peuple. C’est ce que l’obéissante Mélanie a voulu faire et ce que les ministres de Jésus-Christ n’ont pas permis.

L’univers chrétien moribond s’est levé de son fumier pour l’en empêcher, l’accablant des pires outrages… Le manteau douloureux de l’Immaculée Conception étendu sur elle de la tête aux pieds, il lui a fallu mourir dans l’amertume infinie de l’avortement d’une miséricorde irréparable, laissant la Souveraine dans la solitude infinie de son Privilège, au milieu de sa progéniture innombrable de mourants ou de putréfiés.

Aujourd’hui, il n’y a plus rien, sinon quelques