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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/55

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XLVII
INTRODUCTION

suistique de la dévotion des mondains ? Que pouvait signifier pour elle un escalier des crimes ou des vertus ? Elle voyait tous les hommes, chrétiens ou non, aplatis, rampants comme des vermisseaux, et Dieu ne régnant pas sur la terre. Elle voyait surtout les prêtres — avec quelle précision terrible :

« Je compris, dit-elle, que, dans le Clergé, la pureté de l’esprit est la gardienne de la pureté du corps, qu’il n’y a pas de chasteté du corps en l’absence de la constante pureté de l’esprit, et que l’esprit et les sens ne garderont pas leur pureté s’ils ne sont crucifiés avec Jésus-Christ. » — « Aide-moi à supporter mes ministres déchus », lui dit Jésus, après une vision d’horreur.

La souffrance, énorme pour elle, de connaître la misère spirituelle et l’insuffisance du Clergé, est au fond de tout ce qu’elle pense, de tout ce qu’elle dit, de tout ce qu’elle écrit. C’est un sanglot intérieur sans interruption. Lisez ces pages de la « Bonne Année » où elle raconte avec tant de joie que ses maîtres la laissaient mourir d’inanition, ne lui donnant jamais à manger : « C’est