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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/54

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XLVI
VIE DE MÉLANIE

science infuse, primordiale, comme Adam et Ève avant leur péché.

Il est vrai qu’elle est, ainsi que chacun de nous, sous la loi de la chute, mais par l’effet d’un renversement exceptionnel, c’est en haut qu’elle tombe, dès le premier jour…

Pour guérir en elle les mains et les pieds d’Adam, Dieu les lui perce dès sa toute petite enfance ; pour que les autres créatures ne pénétrent pas dans son cœur, il y plante la Lance du Calvaire ; pour préserver sa tête, il la coiffe de l’effrayante Couronne du prétoire. Avant même de parler, elle ne pouvait voir les hommes qu’à travers le Sang de Jésus-Christ

Et ce fut ainsi jusqu’à son dernier jour. Elle vivait si près de Dieu et la Mère de Dieu lui avait donné une telle place tout près de son trône ; elle était si loin de nous tous qu’il ne lui était pas possible de nous étager la prévarication suprême à ses yeux devant être précisément d’étager le non-amour.

Incapable de subsister ailleurs que dans l’Absolu, cantonnée et retranchée dans l’absolu de l’Absolu, qu’aurait-elle pu comprendre à la ca-