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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/52

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XLIV
VIE DE MÉLANIE

sordides lui envient quand ils ne peuvent le lui arracher, l’argent roule vers lui comme un torrent de boue et de misère invoquant un gouffre de désespoir. Israël sent si bien, et de plus en plus, que ce n’est pas là le Dieu qui le précédait au désert dans la colonne de nuées et dans la colonne de feu. Mais il a sa promesse que rien ne rature parce que Celui qui l’a faite est « sans repentance ». Quelle que soit la « perfidie » de ce peuple qui a survécu à tous les peuples, il tient dans ses griffes le chirographe de l’Esprit-Saint, la cédule de son Patriarche, la parole d’honneur de Dieu à Abraham par quoi lui est assurée la meilleure part qui ne lui sera pas ôtée.

Tel est le fond du grand Cantique vespéral de l’Immaculée Conception, fille d’Abraham. Mélanie, sa messagère au soir du monde, ne pouvait que s’identifier à cette Parole intelligible pour elle seule peut-être, Notre Dame de Transfixion, Mère douloureuse du Verbe incarné, lui ayant confié, comme je l’ai dit, la Clef de l’Abîme.