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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/45

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XXXVII
INTRODUCTION

bles. Rien de ce qui peut être imaginé n’existait encore. Et il y avait là un petit enfant sur qui pesait l’avenir du monde, un unique petit enfant qu’il est impossible de se représenter semblable aux autres.

C’est déjà accablant de penser que tout homme, en sa qualité d’image de Dieu, porte en soi, en même temps que l’empreinte des Trois Personnes, le Paradis, le Purgatoire et l’Enfer, c’est-à-dire tout le Péché, toute l’Histoire^ toute joie, toute douleur, toute espérance, toute fécondité ; mais cet ensemble formidable, cette voie lactée de gloire et de peine est inaperçue. Les hommes savent à peine qu’ils ont une âme et ils ne savent pas du tout ce qu’est une âme. Que penser alors d’un enfant à qui Dieu a pu faire sentir de telles empreintes, parce qu’il devait être le Père infiniment béni des multitudes : « Benedicam henedicentibus tibi et maledicam maledicentibus tibi ; je bénirai ceux qui te béniront et je maudirai ceux qui te maudiront » ?

Quelque chose de tel a du se passer pour Mélanie, mais, au contraire d’Abraham appelé à engendrer l’innombrable peuple de Dieu, Mélanie

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