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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/42

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XXXIV
VIE DE MÉLANIE

restre et où est-il ? Aux temps de foi, il y eut des chrétiens pour le chercher. Raymond Lulle paraît y avoir pensé et on raconte que Christophe Colomb ne désespérait pas de le rencontrer aux Antilles ou un peu plus loin. Mélanie seule a trouvé le Paradis terrestre, bien connu pourtant avant elle, mais sans dénomination précise — comme on découvre un trésor qui est sous les pieds de tout le monde — et elle l’a reconnu tel par l’effet d’un miracle d’illumination intérieure.

Le Paradis terrestre, c’est la Souffrance, et il n’y en a pas d’autre. En réalité l’homme est toujours dans le Jardin de Volupté et son expulsion n’est qu’apparente. Seulement, depuis la Désobéissance, il s’est vu nu, il a vu nus la terre et tout ce qui est sur la terre, il a connu que la souffrance n’est autre chose que la volupté toute nue. Des saints innombrables ont pu avoir ce pressentiment, mais rien de plus qu’un pressentiment, parce que l’Ère de l’Absolu n’avait pas encore commencé.

Il était réservé à une pastourelle, à une enfant sans aucun savoir humain, sans aucune autre culture que celle qu’on peut recevoir à l’École