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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/345

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VIE DE MELANIE

il verra la conversion. Mais que rien de ces malheurs n’arrive. Dites, ma bonne Mère, dites au bon Dieu, s’il est tant en colère, de frapper sur moi tant qu’il voudra : je lui appartiens. Il peut faire de moi tout ce qu’il voudra : qu’il me coupe en morceaux, qu’il me brûle peu à peu, et puis Il est tout-puissant ; Il peut faire que je sois en plusieurs personnes et que je souffre pour toutes les personnes qui l’offensent tant ! Enfin de quelque manière que ce soit, épargnez, épargnez les pécheurs mes frères, et que Dieu se venge sur moi. » Dans ce moment il y eut un grand silence. Marie tournée vers l’autel semblait réfléchir, puis elle se retourna et dit : « Votre sacrifice a été agréable à Dieu, ma fille, et les trois fléaux n’arriveront pas, mais un seulement. Lequel voulez-vous ? car il faut que Dieu se venge ; les crimes s’élèvent jusqu’à son trône. » — Ah ! ma bonne Mère, dit la jeune religieuse, je ne veux pas de fléaux ; et si Dieu veut se venger, comme je vous l’ai déjà dit, qu’Il se venge sur moi, quoique je ne sois rien. Et s’il ne peut pas à cause que je suis trop peu de chose, qu’Il fasse quelque chose de grand de moi et puis qu’Il fasse tout tomber sur moi. Mais je vous avertis, ma Mère, je ne veux pas de malheurs. Si Dieu le veut, je consens volontiers à aller en enfer[1], ou bien à souffrir sur la terre tout ce que les damnés souffrent dans l’enfer,

  1. Moins la malédiction réelle, a dit Mélanie, en confirmant ou rectifiant tout ce qui précède.