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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/344

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VIE DE MÉLANIE

midi que se fit cette vente[1]. Mélanie fut très heureuse de voir qu’elle avait une petite ressemblance avec Notre-Seigneur. Dès ce moment elle fut un peu plus libre, et le lendemain elle partit pour Grenoble et alla faire une visite à Monseigneur qui l’envoya à Correnc, où elle prit l’habit de religieuse de la Providence au bout d’un an. Là elle demeura deux ans, pendant lesquels le divin enfant venait souvent la visiter ; mais un jour la Sainte Vierge lui apparut tenant son petit enfant par la main ; elle paraissait fort triste. « Ma fille, dit-elle à sœur Marie de la Croix, Dieu le Père veut affliger le peuple sans délai. Vous savez, ma fille, les malheurs prédits sur la montagne de la Salette ! Eh bien ! il est d’autres malheurs encore qui vont arriver à la fin de ce mois. Il est trois malheurs encore qui vont arriver à la fin de ce mois. Il est trois fléaux réservés à l’Isère, à la Bretagne et à la Russie : la peste, la guerre, la famine. »

— « Ah ! ma Mère, ma Mère, dit alors la jeune religieuse en se prosternant aux pieds de Marie, que dites-vous là ! La guerre, la peste, la famine ! Ah ! non, rien de tout cela. Ah ! je vous en prie, dites au Père éternel de pardonner au monde entier ; de nous

  1. Ce Monsieur de Paris est M. Brayer, qui est venu habiter Grenoble et que sa femme a assassiné à Grenoble. Cette misérable assassina en même temps son enfant de 4 à 5 ans et se suicida.