Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/343

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
283
VIE DE MELANIE

mourir plutôt que de demeurer dans cet océan de crimes dont la terre est inondée. » Après ces quelques paroles, les enfants ne manquèrent pas de tout répéter au père ; ce qui le mit dans une si grande colère qu’il résolut de donner la mort à la bergère. Dans un moment de désespoir[1] il charge son fusil, sort de la maison, prend la bergère qu’il mit vis-à-vis de lui, et décharge son fusil ; mais Dieu permit que la balle passât sous le bras de la bergère, et elle fut sauvée. Enfin elle demeura encore quelques jours avec ses parents. Mais la Providence permit qu’un monsieur de Paris, qui aimait beaucoup Mélanie, se trouvât à Corps dans ce moment ; et à peine apprit-il par les habitants de Corps ce qui se passait qu’il se hâta de descendre trouver le père, sur lequel il avait beaucoup d’influence. Il fit tous ses efforts pour délivrer la bergère de cette prison, mais tout fut inutile. Enfin le bon Monsieur inventa un nouveau moyen. Le père Mathieu lui devait 600 francs[2], il fut le trouver et dit que, s’il voulait lui donner la liberté de Mélanie, il lui laisserait cette somme. Le père qui ne pouvait rembourser cette somme y consentit.

C’était le 1er vendredi du mois, vers les 3 heures après

  1. Non de colère, car son père l’aimait beaucoup. Il n’a pas su ce qu’il faisait, a-t-elle dit, tant il avait de peine de la voir partir.
  2. Il lui avait avancé les 600 francs de cautionnement pour ses fonctions de garde du péage.