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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/34

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XXVI
VIE DE MÉLANIE

en plus à chaque génération. Malgré cela et à travers tout cela, an tout petit rayon lumineux, un fil de lumière que rien ne pouvait détruire, l’Immaculée Conception perçant les âges et les peuples jusqu’à l’heure miraculeuse, inconnue des plus grands anges, où elle se manifesterait en Marie pleine de grâce, conçue sans la tache originelle sous la Porte d’Or. Comment se représenter une telle Créature sans le cortège infini des lamentations et des deuils de toute la Race humaine dont elle était l’unique Tige vivante ?

On sait par la Tradition que notre mère Ève porta pendant des siècles une pénitence infinie pour toutes les nations à venir. Marie sans péché recueillit tout l’héritage de cette pénitence et en fit ce qu’Elle pouvait, c’est-à-dire une Douleur comme il n’y a pas de douleur au monde, la douleur de toutes les générations, de tous les hommes, de tous les cœurs, de toutes les intelligences, la douleur même des démons et des réprouvés, diraient quelques visionnaires. Cette infinité de plaintes et de tortures dans une âme infinie dut avoir une répercussion d’impatience adéquate rigoureusement à l’impatience de Ré-