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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/337

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VIE DE MÉLANIE

et méchants, dès que la Louve fut entré dans la Maison de ces maîtresses, tout les habitants du village y coururent pour examiner cette nouvelle bergère et pour la questionner, mais on ne pu lui tirer aucune parole, et ne leva pas même les yeux, aussi chaqu’un la tourna en ridicule de toute les manières, et pour le premier jour elle fut complètement habillée de sotises que chaqu’un se plut à lui débiter, et que la Sauvage entandit avec bonheur ; ce jour passé, les bons Maître de la Solitaire, qui étaient bons chrétiens, ne souffraient gaire qu’on injuria la Solitaire, car ils l’aimaient comme une de leurs enfants ; la haine des habitants du village augmentait chaque jours contre la Sauvage, je crois que c’était son mauvais caractère qui lui attirait cette haine, aussi elle le payait lourds tous les jours, (mais elle ne s’est point corrigé pour cela), la Sauvage allait tous les jours gardés ou des brebis, ou des vaches, elle allait toujours ceule en champs et ne souffrait jamais qu’on l’aborda, ces gens de ce village avaient la patiance de se réunir Matin et Soir, ou elle devait passer pour avoir le plaisir de la charger d’injures, mais celle-ci avait l’air insensible à tout ; ces pauvres gens perdirent leur latin à