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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/336

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VIE DE MÉLANIE

parents qui ne la regardaient que comme le boufon, la Sauvage se croyait obligé de réparer tous les injures que l’on faisait à Dieu et à la Sainte Vierge, aussi elle ne laissait jamais passer les auccasions qu’elle avait de se mortifier, et de faire quellesque petites pénitence ; après avoir demeuré ainsi quelques mois, la Mère Mathieu trouva par bonheur une auccasion de se défaire de cette méchante Louve, qui ne pouvait demeurer avec personne ; elle fut mise en service chez une femme pour gardeur deux petits enfants, leur demeure était loin de Corps, c’était une maison toute seule, perdue dans les montagnes, où on n’avait presque que la visite des bêtes sauvages, cette nouvelle demeure plut fort à notre Sauvage qui n’aimait que la solitude, ces gens-là étaient très sévères, brusc et méprisant, et souvent ils oubliaient que tout le monde mange, et dans ce cas la Louve geûnait très souvent, et elle couchait quelquefois à l’écurie ou au galetâ… Au bout de quelques années, les enfants que la Sauvage avait pris soins purent se passer de celle qui ne leur avait apris qu’à garder le silence ; elle se retira et fut remise en service dans un village pour garder les vaches, les gens de ce village, son curieux