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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/327

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VIE DE MÉLANIE

t’y conduire, elle y fut, mais à son retour elle dit à la Louve : ta Mère ne te veut plus, ton père m’a chargé de toi, je n’ai ni père ni Mère ici que je puisse voir, dit La Sauvage. Ma Maman qui est au Ciel et partout avec ses enfants ne m’abandonnera jamais, c’est mon petit frère qui m’a di ça et je le crois bien de tout mon cœur, ce frère m’a aussi dit que je ne devais avoir ce petit cœur que pour l’aimer lui et notre Maman ; mais, vous de quel Père et de quelle Mère me parlez-vous, je ne l’ai jamais vu cette Mère, et si vous voulez me faire aimer une autre Maman que celle que j’aime, je m’en vais aussi d’ici : a peine avait-elle achevé de parler que cette femme la repoussa dans la rue, en lui disant : ingratte enfant, elle ne reconnaît pas ses parents, quel encouragement pour moi de la garder ici, je crois que le démon parle par sa bouche, retires toi de moi et va au diable si tu veus, La Sauvage heureuse de pouvoir encore se retirer dans la Solitude. Marchait du côté des bois, avec bonheur, mais on la rappela un peu après, elle resta deus ou trois ans chez sa tente, laquelle l’envoya à l’école, mais elle n’apris pas seulement à connaître ses lettres ; les enfants ne l’appelaient que la Muette parce qu’elle ne parlait jamais, et elle était tou-