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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/32

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XXIV
VIE DE MÉLANIE

Marie, de même que le Fils de Dieu n’a pu naître que par l’opération en Elle de l’Esprit-Saint. La parole humaine est ici d’une telle impuissance que tous les mots sont à faire peur. L’Immaculée Conception de Marie, qui nous sépare d’Elle indiciblement, est, tout de même, l’unique point de contact. C’est par l’Immaculée Conception que Dieu a pu poser son pied sur la terre. C’est la porte unique par laquelle il a pu s’évader du Jardin de Volupté qui est sa Mère et que mille siècles de béatitude ne pourraient pas nous faire comprendre.

Il faudrait savoir ce que furent Adam et Ève, ce que furent les Plantes et les Animaux de ce Jardin, ce que fut la Désobéissance et ce qu’elle a coûté. Il faudrait assez anéantir tout ce que les hommes ont pu penser depuis soixante-dix ou quatre-vingts siècles pour que devînt possible, je ne dis pas l’évidence ni l’aperception lointaine, moins encore peut-être le pressentiment, mais à peine quelque chose de semblable à un battement de cœur en présence de ceci que, tout étant perdu à jamais comme chez les anges maudits, il y eut, quand même, une goutte de