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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/306

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VIE DE MÉLANIE

j’allais à la recherche du menu bois. Alors ma mère me grondait de ce que le bois était mouillé. À onze heures, j’étais libre pour me rendre au catéchisme : je répondis à l’appel, mais parce que bien des fois, j’avais manqué, je fus mise à genoux au milieu de l’église. Quand j’étais interrogée je ne savais jamais répondre à la lettre du catéchisme : et, comme de juste, j’avais toujours des mauvais points. Arrivée à la maison, des enfants avaient dit à ma mère que j’avais été punie, elle me grondait, me disant que même monsieur le Vicaire ne pouvait pas me supporter tant je suis détestable et elle m’envoyait ramasser du bois. Je m’en allais triste, affligée, je reconnaissais bien que j’étais méprisable et grandement haïssable, mais je n’aurais pas voulu que cela donnât de l’affliction, de l’inquiétude aux bonnes créatures de mon cher et bien-aimé Jésus-Christ que j’aimais tant, oui je l’aimais, je l’aime. La pensée attristante que je ne ferais pas ma première communion cette année 1846, m’affligeait : « Puisque le Lieutenant du bon Dieu l’avait dit, il est l’écho de mon bien-aimé c’est donc mon tout bon Sauveur qui ne veut pas se donner à moi ! Il a raison, mais j’ai aussi un peu raison de le désirer puisque je suis et