Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/305

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
245
VIE DE MÉLANIE

après un mois ou deux, M. le Vicaire ayant fait l’appel comme toujours, dit à mon frère : « Votre sœur ne vient pas au catéchisme : elle ne fera pas sa première communion cette année ; elle est cependant dans sa quinzième année, pourquoi ne vient-elle pas ? » Henri répéta ces paroles à ma mère qui monta en furie contre le Vicaire et contre moi. Elle me dit que je ne devais pas manquer le catéchisme, mais que je devais lui tenir du bois pour son poêle. Je fis tout ce que ma chère mère voulait. Je ne dois pas oublier de dire que mon amour-propre souffrait dans ces petites contradictions ou contrariétés, mais par la divine grâce j’étais abandonnée dans les mains de Celui qui dirige tout pour notre plus grand bien. Oh ! la foi, combien elle est précieuse en toutes les circonstances de la vie, en tous les événements ! Non, ne soyons pas comme les bêtes sans raison, comme les chiens qui mordent avec rage la pierre qui les a frappés ; adorons, aimons, bénissons et remercions la main toujours miséricordieuse qui l’a envoyée pour nous réveiller de notre engourdissement sur le salut de notre âme. De grand matin, quelque temps qu’il fît, et malgré que parfois les terrains fussent couverts de neige,

17.