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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/304

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VIE DE MÉLANIE

je m’étais amusée ; à leur réponse négative elle se fâcha beaucoup. J’étais bien peinée de donner tant de chagrin à ma pauvre et chère mère ; je prenais bien sincèrement la résolution de lui être plus soumise avec l’aide de Dieu. Je pensais bien souvent que s’il plaisait à mon amoureux Jésus-Christ, il vaudrait mieux pour moi et pour les membres de ma famille que je mourusse, puisque je ne faisais que faire souffrir ma bonne et chère mère, et que j’étais un sujet de scandale à tous mes frères et sœurs et que je ne savais pas me corriger de mon mutisme si désagréable à mes parents. Je me concentrais dans ma bassesse, je demandais pardon à mon divin Maître, je protestais de ne jamais vouloir lui déplaire en quoi que ce fût, mais toujours avec l’aide de sa puissante grâce.

Mon père étant revenu de son travail dit que je devais aller au catéchisme pour me préparer à faire ma première communion. Oh ! comme je désirais la faire ! J’allais donc au catéchisme chaque fois que ma mère me le disait ; mais, parfois, à l’heure où il sonnait, j’étais envoyée ramasser du menu bois pour allumer le poêle. Mon frère Henri qui avait deux ans de moins que moi allait régulièrement au catéchisme. Or