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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/303

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VIE DE MÉLANIE

presque toute de Dieu ; mais le petit enfant aurait pu refuser d’être mis à terre par sa mère la divine Providence, il s’est résigné à la volonté de sa mère ; il aurait pu refuser de marcher, il a correspondu à l’ordre de sa mère, faisant abnégation de sa propre volonté ; quand il se voyait trébucher et sur le point de tomber, il aurait pu craindre et s’ennuyer et ne pas vouloir aller plus loin seul. Il a fait des efforts sur lui-même et est arrivé au point fixé par la divine Providence : ne peut-on pas dire que ce tout petit enfant a été victorieux ? Oui, il l’a été et très largement.

Après cela, je remerciai mon tout amoureux bon Frère et lui demandai ses prières pour moi, chétive créature ; je lui rappelai sa promesse que quand il serait l’heure je pourrais le baiser. Avec un doux sourire, il me dit que ce n’était pas moi qui le baiserai, mais que ce sera Lui. « Oh ! vite, lui dis-je, dépêchons-nous, mon bon Frère ; pour l’amour de notre bien-aimé Jésus-Christ. » Il me baisa sur le front, sur les lèvres et sur la poitrine, il me bénit par un signe de croix et s’en alla.

Mes frères et mes sœurs vinrent me prendre et nous nous retirâmes à la maison. Naturellement ma chère mère demanda à ses enfants si