Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/302

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
242
VIE DE MÉLANIE

pauvre victoire a tellement disparu que je n’en vois pas le plus petit bout. » Mon très bon Frère avec son doux et céleste visage empreint d’amour me persuada dans son explication qu’il avait raison. Je ne dis pas ses paroles, je les gâterais ; en voici le sens. La miséricorde de Dieu est plus grande que sa justice, Dieu veut le salut éternel de tous les hommes et à tous il donne les grâces nécessaires. Avec ces grâces adaptées à chaque homme suivant son état, sa condition, sa vocation plus ou moins sublimes, sa position et sa capacité, tous peuvent se sauver par la fidèle coopération à ces grâces. Les Grâces sont les Talents que l’homme doué de la saine raison doit faire fructifier. Quant au tout petit enfant, donnons-lui pour un instant la raison ; la mère le met à terre et lui dit : « Marche », et l’enfant soumis, confiant et simple marche ; il ne voit pas la main de la Providence, il ne sent pas ou presque pas la lisière qui le soutient, mais il a entendu la voix de sa mère qui lui a dit de marcher ; et comme il a la raison il sait par cœur que le grand Dieu qui dirige tout et sans qui rien (hors le péché) n’arrive, le soutiendra et le protégera. L’enfant est donc arrivé grâce à la grâce qui l’a soutenu et suivi. Jusqu’ici son action est