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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/300

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VIE DE MÉLANIE

j’entendis la douce, la suave, la consolante voix de mon très aimé petit bon Frère m’appelant : « Ma chère sœur, sœur de mon cœur, je suis à à vous. » Vite je me retourne : Oh ! bonheur, mon cœur a sauté de joie ! C’était bien mon cher Frère, mon si désiré Frère avec son angélique douce figure et ses beaux yeux emparadisés. Je lui dis : « Oh ! mon cher Frère, je languissais de vous voir, et parfois je pensais que si vous ne veniez pas, c’est que peut-être en quelque chose j’aurais offensé notre Jésus-Christ qui est la sainteté même et qui est tout amour pour nous ; je suis si misérable par moi-même ! » — « Aussitôt que le Très-Haut m’a dit de venir me récréer avec vous, sœur de mon cœur, je je suis venu, après votre victoire. » — « Oh ! mon bien-aimé Frère, je n’ai pas de sœur qui s’appelle Victoire : une s’appelle Marie et l’autre Julie, mais pas de Victoire. » Et mon très doux Frère, avec une admirable patience m’explique, m’enseigne et m’annonce des contradictions, des combats (d’un nouveau genre) pour la vérité. Mon très amoureux Frère m’expliqua donc que victoire était ni le nom d’une personne, ni le nom d’un objet : que victoire gagnée ou avoir vaincu c’était la même chose et qu’à Saint-Michel