Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/298

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
238
VIE DE MÉLANIE

c’est-à-dire la Toussaint. Les voisins insistaient pour que je parte. Enfin mon patron me dit d’aller voir et de retourner ; je partis. Quand j’arrivai à la maison, mon père était sur son départ pour se rendre à son travail : il n’eut que le temps de dire à ma mère qu’il ne voulait pas que je retourne chez le Moine ni chez d’autres personnes dans ce pays.


Fin de la bonne année 1845.

J’étais contente d’être en famille, de voir mes frères et mes sœurs, mais mes mauvaisetés ne m’en laissaient pas jouir : tous avaient eu la défense de me parler, parce que, disait ma chère mère, j’étais une capricieuse : à la maison je ne parlais pas, je cherchais d’être seule ; et puis quand on me mettait au service d’une famille qui était de mon caractère, je m’ennuyais et n’y restais pas. Puis elle ajoutait : « J’ai pensé de la mettre dans un pays que… Va, elle n’en reviendra pas. La Salette est un pays de loups, la neige ne fond jamais sur ses montagnes, et quand il pleut les ravins grossissent, et elle qui marche sans précaution se fera emporter par l’eau. Va, elle n’en reviendra pas de