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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/293

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VIE DE MÉLANIE

apparent descendit dans mon estomac, je me sentis fortifiée comme par enchantement. Je mis les deux petits pains qui me restaient dans ma poche ; ces pains vigoureux étaient à peu près grands comme une pièce de cinq francs, mais tant soit peu plus épais. Je continuai à prendre des miettes tout autour de mon petit pain sans gâter le crucifix que je voulais, à la fin, manger tout entier, ce que je fis. Mes forces étaient revenues ; je remerciai l’homme qui reprit sa corde pour se retirer (car il était venu là comme un homme qui va ramasser du menu bois), et je lui dis : « Mon ami, si vous rencontrez mon bon Frère, oh ! dites-lui que je languis de le voir, que je suis ici, qu’il vienne, qu’il vienne vite, parce que je languis de le voir, mes yeux le cherchent partout. » — « Et où est-il votre Frère ? » me demanda l’homme. « Mon Frère, lui dis-je, est avec sa Maman. » — « Et comment est-il ? » — « Oh ! mon Frère, lui dis-je, n’est pas plus grand que moi, mais vous le reconnaîtrez vite : il est plus beau que tous les autres enfants, il est plus beau que le Soleil, sa jolie petite figure est un paradis, elle est blanche comme le plus beau lys, ses joues sont rosées comme les plus belles roses de mai,