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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/292

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VIE DE MÉLANIE

d’avoir soin de mes bêtes ; puis une sueur froide couvrit mon front, je m’évanouis.

Lorsque vers l’après-midi je commençais à me rappeler où je me trouvais, j’entendis les pas d’un homme qui venait ; je voulus vite me lever, mais c’est à peine si je pus un peu relever ma tête qui retomba aussitôt. Alors j’entendis la voix de l’homme qui en avançant près de moi, me dit : « Eh ! amie, vous êtes souffrante ? » J’ouvre les yeux et m’assieds, effrayée je réponds que j’avais la tête un peu étourdie, que, s’il plaît à Dieu, cela passera du moins assez pour que je puisse faire mon devoir. « Voici », me dit l’homme, en me présentant trois petits pains biscuits, ronds, tendres et presque fondants dans la bouche. Sur chacun de ces pains, et de la même substance, il y avait un crucifix. Je ne voulais pas accepter son don (en général, je n’acceptais rien de personne) ; il insistait et me dit : « Je vous en prie, bonne amie, au Nom de Dieu, prenez, vous êtes mourante : la divine Providence par mes mains, vient vous corroborer : mangez à présent un de ces petits pains ». Je fis le signe de la croix et baisai le crucifix, puis avec mes doigts, je rompis un peu de ce petit biscuit que je mangeai. Dès que ce peu