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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/29

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XXI
INTRODUCTION

nommer angélique, ne lui permettait pas toujours de séparer le naturel du surnaturel dans les choses de pure contingence. En d’autres termes elle pouvait et devait croire très ordinaires certains effets qui, pour d’autres, eussent été l’occasion d’une admiration ou d’une stupeur indicibles.

Elle voyait et sentait en Dieu. Elle était forcée de passer, si on peut dire, à travers Dieu, de percer une triple cloison de lumière pour arriver aux choses sensibles, aussi peu discernables pour elle que les pauvres meubles du laboureur quand il revient ébloui du grand soleil de la moisson. Cela est particulièrement observable quand son confesseur lui demande le détail de certaines guérisons miraculeuses et surtout quand il lui faut parler de ses stigmates qu’elle paraît cependant avoir cru le privilège de tous les chrétiens sans exception. « Si le bon Dieu fait tout ce qu’il veut, je n’en suis pas la cause », dit-elle. Cela lui suffît, éternellement.

Nous voici donc à plusieurs milliards de lieues de la petite paysanne inintelligente et grossière de la légende. L’objet de la présente publica-

2.