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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/280

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VIE DE MÉLANIE

me disant de le tremper dans le contenu du verre et de le manger. Je fis au premier instant un peu de résistance. La Louve lui dit : « Est-ce que je puis, malgré mes infidélités vous appeler mon ami ? » — « Oui, ma chère amie, appelez-moi toujours ami, parce que je suis votre ami, serviteur de Jésus-Christ comme vous. » La Louve : « Tout ce qui arrive sur la terre est mu et permis par la toute-puissance du Très-Haut pour notre sanctification. Or notre très aimant Rédempteur afin que j’aie des aides pour me faire marcher dans la voie royale qu’il nous a enseignée, a permis par compassion et miséricorde que je sois mise au service de maîtres qui croient bien faire en ne me donnant jamais à manger ni à boire. Mettant à part leur malice propre si elle existe, c’est Dieu qui permet cela pour le bien de mon âme ; c’est bien Lui qui veut que j’expie par la faim et la soif, le luxe et l’amour des richesses d’un grand nombre de membres du Clergé. J’aime notre cher Jésus, je l’aime pour Lui-même et parce qu’il est bon et je voudrais le porter dans tous les cœurs qui ne l’aiment pas. Jugez vous-même mon cas, mon cher ami ; mes patrons ne sont-ils pas pour moi des croix de providence ? et ne dois-je pas obéir