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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/28

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XX
VIE DE MÉLANIE

mes vaches près du torrent en furie, puis je vais près de l’eau et mon petit Frère lève son bras droit sur le torrent. Il y fit comme un grand signe de croix et aussitôt le torrent resta coupé du côté où il descendait. Mon Frère me dit : « Passez, ma sœur. » Je lui dit : « Attendez, mon Frère, que je fasse vite passer mes vaches ; et vous, mon Frère, passez aussi, passons ensemble. » Et nous nous donnâmes la main. Nous avons tous passé et arrivés à l’autre bord, je n’ai plus vu mon cher Frère. Dès que le torrent se coupa, le bruit et le fracas qu’il faisait s’arrêta tout à coup pour recommencer quand nous eûmes traversé.


Je l’ai dit et il importe de ne pas l’oublier, Mélanie écrivait ces choses, forcée par l’obéissance et tout à fait à contre-cœur. On doit donc supposer le strict nécessaire, c’est à-dire l’omission volontaire ou involontaire d’une multitude de faits analogues pouvant être considérés par elle comme accessoires ou simplement itératifs et par conséquent négligeables.

D’ailleurs son incroyable simplicité qui a été jusqu’au point d’ignorer la différence des sexes, même lorsqu’elle était devenue une vieille femme — ignorance qui était une autre sorte de miracle, — cette simplicité, qu’on pourrait