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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/278

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VIE DE MÉLANIE

suivre des yeux pour ensuite aller les chercher ; mais c’était si loin… et comment laisser seules la troisième vache et les chèvres ? « Mon cher bon Dieu, aidez-moi, conseillez-moi et faites que je ne vous offense jamais. » Je n’avais pas de temps à perdre ; vite, je prends mon bâton, sur lequel, dès le premier jour, j’avais tracé la croix de mon tout aimé Jésus-Christ ; je la plante sur une limite ; puis, en toute hàte, je conduis les bêtes à l’extrémité du champ près de l’autre limite ; je fis mettre ces animaux en face de la croix en leur disant qu’en vertu de la croix de mon Sauveur, je leur défendais d’aller en arrière de l’endroit où elles étaient et de dépasser la croix qui était en face d’eux. Cela dit je partis pour chercher les deux vaches-taureaux. Après avoir traversé la plaine, je cherchais un endroit pour pouvoir étendre ma vue en dessous, car je ne voyais plus les vaches. Je tourne à droite, je marchais vers un précipice (dans nos pays on appelle cela ruine). Je regarde et je vois ces deux animaux au milieu de ce précipice : ils ont dû y tomber. « Mon Dieu, je ne pourrai jamais aller les chercher ; et si je me mets à descendre dans ces décombres de terre et de rochers, je ne pourrai plus remonter ni les