Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/27

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
XIX
INTRODUCTION


Un jour, j’étais allée un peu loin pour faire paître mes vaches, quand, vers l’après-midi, se déchaîna une grande tempête : les tonnerres grondaient incessamment tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, la pluie tombait à torrents ; je pris le chemin du village avec mes vaches ; j’aurais voulu pouvoir faire autant de mille millions d’actes de louange et d’amour de mon cher Jésus qu’il tombait de gouttes d’eau. Arrivées à un certain endroit, mes vaches s’étaient arrêtées et voulaient revenir en arrière. C’était le ruisseau qui avait eu une crue énorme, étant situé entre deux montagnes qui lui donnaient leurs eaux. Dans les temps de pluies ordinaires, en faisant rouler des grosses pierres dans le ruisseau, les personnes pouvaient le passer, en allant d’une pierre à une autre ; et les vaches pouvaient passer aussi sans grand danger de se noyer. Mais, ce jour-là, c’était humainement impossible. L’eau était très haute et elle descendait avec fracas, emmenant avec elle des pierres, des rochers et des arbres, et cette eau était bourbeuse. J’étais bien dans la peine. Je voyais que mes bêtes souffraient et étaient effrayées. Je m’adresse à ma maman, je lui expose ma crainte. De fait mes vaches ne m’appartenaient pas, et s’il leur arrivait malheur, c’est moi qui devais en rendre comptée mon bon Dieu. En un instant je vois mon cher Frère près de moi qui me dit : « Ma sœur, n’ayez pas peur, venez. » Aussitôt je fais retourner