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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/269

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VIE DE MÉLANIE

que j’allais à la fontaine et que s’il plaisait à Dieu, je serais bien vite de retour. Je sors cherchant une fontaine ; n’en trouvant ni à droite, ni à gauche j’entre dans la prairie attenante à l’habitation pensant me laver un peu avec la rosée du matin, quand la voix intérieure me dit : « Marchez à votre droite, derrière la maison, là vous trouverez de l’eau ». J’obéis et trouvai un peu de l’eau qui coulait par un petit canal en bois. Dès que j’eus terminé, comme je prenais le chemin pour rentrer chez mes patrons, je rencontre deux femmes qui me demandent d’où j’étais et si mes parents avaient trop d’enfants : « Vous ne savez pas, pauvre enfant, que le Moine n’a jamais pu garder ni berger, ni bergère ; le dernier berger qu’ils avaient est parti samedi : on ne lui donnait pas à manger et on le faisait travailler comme un nègre ; le pauvre petit n’est resté que trois jours et c’est merveille ; les autres ne sont restés qu’un jour. »

En rentrant, je trouvai mes patrons levés ; la fille me dit de prendre les bêtes pour les conduire au pâturage. Je réponds que je ne connaissais pas leurs propriétés, qu’ils eussent la bonté de me les montrer. Mon patron me dit qu’il ne m’avait pas prise pour me faire accompagner, de

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