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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/268

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VIE DE MÉLANIE

Dieu, j’exaltais les justes et saintes rigueurs de sa justice ; cela me fit concevoir une grande horreur des offenses faites au Très-Haut, surtout quand elles lui viennent de ses amis intimes. Enfin, je me sentais heureuse et grandement joyeuse de ce que mon divin Rédempteur dans sa miséricorde, quoique je ne fusse rien, eût daigner m’honorer de ses pâtiments. Jusqu’alors je l’aimais très-beaucoup mon bienaimé Jésus-Christ et je désirais l’aimer davantage, sans cependant savoir comment et en quoi je pouvais l’aimer davantage. Cette nuit-là me fut bonne, et je lui prouvai bien qu’avec sa grâce je l’aimais plus que moi-même ; oui, oui, oui, je l’aimais mon tout bon Jésus.

Le matin, dès que le jour parut, j’essayai de me relever de terre ; tous mes membres étaient endoloris ; ce ne fut que peu à peu que je pus avec ma salive, détacher le sang de mes paupières ; de même ma tête était collée sur le pavé. Dès que je pus me lever, je marchai en boitant, mais doucement afin de ne pas réveiller mes chers maîtres, mais ils m’entendirent ouvrir la porte et ma patronne dit : « Où allez-vous, petite ? Vous savez que vous devez mener paître les bêtes tout à l’heure. » Je lui dis