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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/267

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VIE DE MÉLANIE

semaines d’une trêve relative et c’était pendant les moissons. Enfin le père irrité me dit de nouveau : « Si dans quatre minutes vous n’êtes pas au lit, un malheur vous arrive. »

Plus que jamais j’implorais la Divine Grâce, connaissant ma faiblesse ; mais de combien de craintes j’étais torturée ! Cet homme blasphémait toujours, et c’était moi qui occasionnais cela ! On se moquait de notre sainte religion et c’était moi, moi seule qui en étais cause ! Mon Dieu, oui glorifiez-vous dans mes peines, mais ne permettez jamais que je vous offense en quoi que ce soit.

Mon patron éteint la lampe et me demande si je suis au lit. À ma réponse négative, tout en blasphémant, il saute du lit et dit : « Où êtes-vous ? » — « Je suis ici, près du lit de vos enfants », lui dis-je. Il me trouve, me donne des coups, puis me saisissant par ma coiffure, il me traîne. Alors les mentonnières s’étant cassées, il me prit par les cheveux et me traîna plusieurs fois autour de la chambre, me laissa à terre et retourna dans son lit. Je ne sais dire ici ce que je sentais ; je sais seulement que quelques minutes après avoir été laissée par mon patron je me trouvais remerciant la miséricorde de