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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/262

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VIE DE MÉLANIE

de lit et pas de couverture ; dedans il y avait un paquet de chardons secs. Mon lit était donc garni avec ces plantes piquantes. La première nuit je m’y couchai sans me dévêtir, puis les autres nuits je me dévètissais en partie seulement. Il me semblait bien consolant de n’avoir plus qu’à me croiser les bras : le Divin Maître faisait ses affaires avec les miennes ; j’étais sûre défaire sa sainte volonté ; il ne me restait qu’à lui rendre grâce de la faveur qu’il me faisait en me donnant une petite part aux humiliations, aux mépris et à la flagellation du Fils de Dieu. Il me semblait qu’avec sa divine grâce, j’aurais voulu souffrir davantage, mais je n’osais le lui demander, voulant en tout être sous la dépendance de son bon plaisir pour ne chercher que sa gloire.

Je ne me rappelle pas combien de mois seulement je suis restée dans cette famille. Je sais qu’après environ un mois ou deux que j’y étais, j’entendis dire par mes maîtres que, dans ce village, maintenant, il y avait trois enfants de Corps. Un mois environ après, un de ces enfants de Corps vint de grand matin demander à mes patrons de me laisser aller à Corps voir mes parents ; mon patron lui dit : « Mais je ne sais pas si elle veut aller à Corps ; elle ne parle