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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/260

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VIE DE MÉLANIE

rejetais ces pensées de mon amour-propre, de mon orgueil ; en voilà trop de fautes et d’infidélités lorsque déjà j’étais dans ma quatorzième année ! Eh ! ce n’est pas tout encore : ne voyant pas d’offense de Dieu à coucher dans le même lit, je m’en prenais à mon petit Frère, osant lui reprocher d’être cause, Lui, du chagrin que je donnais à mes patrons, en m’ayant dit de ne pas coucher avec d’autres personnes parce que mon bon Dieu ne le voulait pas ; et que cependant auparavant il m’inculquait l’obéissance à mes patrons quand ils ne m’ordonnaient pas de transgresser la sainte loi de Dieu ou de l’Église. Donc j’avais aussi la faute de la murmuration ; et cette faute porte avec elle (ou plutôt est portée par) l’orgueil dans toute sa force ; puisque oser murmurer c’était avoir une estime pour mon propre jugement, puis me croire plus sage que les autres, et n’être pas soumise aveuglément aux avis et conseils que j’avais reçus, etc., etc. J’ai toujours remarqué que quand je fais une faute et cela, malheureusement, m’arrive souvent, elle est suivie de plusieurs autres. Ah ! si la miséricorde n’était pas infinie, il y a longtemps que je serais dans l’enfer ; et si elle prolonge mes jours, c’est qu’elle attend ma conversion et une sincère péni-