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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/258

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VIE DE MÉLANIE

environ deux heures de marche nous arrivons au village de Saint-Michel. La famille se composait du mari, de sa femme (qui était venue me prendre) et d’une jeune enfant de deux ou trois ans. La neige couvrait la terre ; en conséquence on ne pouvait pas conduire les bestiaux au pâturage. Oh ! mon bon Dieu, combien vous avez été bon pour moi si vile : vous ne m’avez jamais privée de vos bonnes croix ; soyez-en éternellement béni !

Mes patrons n’avaient que leur lit dans lequel couchait aussi la jeune enfant ; et ils avaient peut-être combiné de me faire coucher avec eux dans leur lit. Dans cette famille la prière ne se faisait pas en commun ; alors je faisais un peu de prière, et un moment après qu’ils étaient au lit, ils me dirent de me dépêcher de me mettre au lit. Je me relève et je dis : « Où faut-il que je me couche, je vous prie ? » — « Ici, me dirent-ils ; voyez, je vous ai laissé la place, le lit est assez grand ; venez vite vous coucher. » — « Inutile que vous me disiez de me coucher dans votre lit », leur ai-je répondu avec force et fermeté ; et je me remis à genoux pour continuer ma prière, Mais mes patrons insistaient, tantôt par des flatteries, tantôt par des menaces. J’avais besoin de