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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/254

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VIE DE MÉLANIE

Catéchisme, mes frères allaient dire à ma mère que je ne savais jamais répondre aux questions et que j’étais la plus ignorante de toutes. Ma mère me grondait et m’appelait fausse dévote, sauvage et muette, et disait que jamais je ne ferais ma première communion, qu’elle allait me mettre en service à la première occasion. En attendant, toujours corroborée par la divine grâce, j’étais tout uniformée à l’adorable et très aimable volonté de mon Dieu et divin Médecin. Par la foi je voyais la main du Tout-Puissant dans tout ce que j’avais à souffrir, comme les mépris, les moqueries, l’abandon, la pauvreté, etc. Toutes ces choses me paraissaient excellentes, parce qu’elles me portaient à mon très amoureux Jésus, à le prier de me secourir afin que je ne l’offense pas, et de faire que tout en moi le loue et le glorifie.

De temps en temps, je demandais à ma mère la permission de sortir. J’allais à l’église pour penser à mon Dieu, à munir à Lui dans tous les états de sa vie mortelle ; puis je lui demandais la grâce de l’aimer non par simple sentiment mais par une sincère, profonde conviction que la foi seule peut donner. Tout d’un coup mon esprit se trouva dans une grande salle à demi obscure. Il y avait un grand nombre de mes-