Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/25

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
XVII
INTRODUCTION


… Quelquefois, particulièrement quand la neige couvrait encore les cimes des montagnes, les loups, les renards, les lièvres cherchaient à manger ; alors je leur distribuais mon pain et ces bêtes étaient contentes ; puis je leur parlais du Bon Dieu… Mon très Révérend et très cher Père, il m’est difficile de me rappeler ce que je disais à ces bêtes. Je sais qu’elles m’ont fait honte plusieurs fois par leur obéissance à moi, ver de terre de qui elles n’attendaient rien. Je racontais à ces animaux leur création par la parole toute-puissante de notre Dieu éternel comme me l’avait enseignée mon bon Frère et je les engageais à chercher partout leur nourriture, sans causer de préjudice aux hommes, leurs maîtres et leurs rois parce qu’ils sont créés à l’image de Dieu par les puissances de leurs âmes et sont encore les images de Jésus-Christ par leurs corps, etc., etc. En premier lieu un loup venait tous les jours et je lui enseignais ce que je pouvais. Cependant cela ne me plaisait pas beaucoup parce qu’il ne pouvait, comme l’homme, aimer d’un amour de connaissance et désintéressé. Il me rendait service en ce sens que, parfois, j’aurais voulu pousser de hauts cris pour inviter tous les hommes de la terre à louer, aimer et glorifier notre divin Sauveur Jésus qui nous a infiniment aimés en donnant sa vie pour nous sauver…

Bientôt augmenta le nombre des loups, des renards, des lièvres ; trois petits chamois, une nuée