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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/24

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XVI
VIE DE MÉLANIE

maines entières, nourrie seulement de ce que lui donnait son merveilleux Frère, sans que personne pût la rencontrer ni l’apercevoir, étant devenue invisible et intangible, transportée souvent dans les habitacles dont saint Paul n’osait pas parler.

Quand elle reparaissait à la maison paternelle, c’était pour y recevoir les traitements horribles de sa mère qui ne voulait pas qu’elle fût la sœur de ses frères, exigeant de ceux-ci qu’ils ne la nommassent que la Muette, la Louve, la Sauvage, et la rejetant dehors aussitôt que l’absence du père le lui permettait. Il fallut un miracle de tous les jours pour que cette petite fille ne mourût pas.

Elle avait environ six ans lorsque, pour s’en débarrasser, on en fit une bergère en service chez des étrangers. Alors, commencèrent de nouveaux prodiges tels, en vérité, qu’on peut demander s’il y a jamais eu de sainte aussi constamment, aussi exceptionnellement favorisée. Il suffirait peut-être de signaler l’endroit inouï où elle raconte les visites que lui faisaient les bêtes de la montagne :