Ouvrir le menu principal

Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/238

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
178
VIE DE MÉLANIE

cœur. En l’examinant j’y revis la chaînette, celle qui s’était attachée à des broutilles et qui avait disparu pendant que mon Amant le tenait dans ses sacrées mains : mais maintenant elle était de beaucoup plus courte et plus subtile. Craignant de moi-même, je dis : « Mon Seigneur et mon Dieu, je vous en prie, si c’est votre sainte volonté, qu’il vous plaise d’arracher entièrement de mon cœur cette chaînette. » — « Ah ! non, dit mon amoureux Sauveur, autrement vous n’auriez pas le mérite des luttes ni des victoires. Cette chaînette tournée vers la terre est la figure de l’inclination qu’ont tous les descendants d’Adam à chercher la félicité ; et le plus grand nombre la cherchent où elle n’est pas. »

Après cette vision intellectuelle, je tombai la face sur la terre pour rendre grâce à la divine miséricorde des faveurs si nombreuses et toutes gratuites qu’elle daignait me faire. Puis, heureuse d’avoir par la suite occasion de pardonner à mes ennemis, à l’exemple de mon divin Maître qui du haut de sa croix pria pour ses bourreaux, je priai mon Amant Jésus de pardonner ceux qui me persécuteront ou me feront souffrir, et surtout le C. [clergé]. Puis je le priai de vouloir m’assister tous les jours de mon exil,