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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/237

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VIE DE MÉLANIE

puis avec la fine pointe de son épée il purifia certaines choses humaines, je veux dire pas surhumaines, ou plutôt à l’approche de la vive chaleur, la plupart du contenu du cœur recevait une modification. Pendant cette opération j’éprouvais une extrême chaleur dans ma poitrine. Ensuite le divin chirurgien regarda mon cœur de près et semblait s’y mirer comme dans un miroir ; puis l’ayant odoré, il y souffla trois fois pour y confirmer et affermir la foi, l’amour et l’espérance.

Pendant ce temps, je me profondais toujours davantage dans mon extrême nullité. Humainement je n’aurais jamais osé croire que si mesquine, si méprisable à tous égards et si vile, je pusse être ainsi regardée et travaillée si merveilleusement par le Très-Haut. La perquisition faite, ainsi que la restauration, le divin Législateur sortit une croix de sa poitrine et la mit à la cime de mon cœur. Voyant cela je lui dis : « Seigneur, par charité, plantez-la plus profond afin que les tempêtes et ouragans qui vont fondre sur elle ne puissent pas la déraciner. » En la faisant entrer un peu plus, mon divin Maître me dit : « Ne craignez pas, ma fille, elle a ses racines dans mon cœur. » Puis il me montra le