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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/235

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VIE DE MÉLANIE

revêts de tous vos mérites infinis pour vous aimer infiniment ; et si cela ose ne pas suffire, j’obéis à vos paroles : « Demandez et vous recevrez. » Donnez-moi votre amour, faites-vous aimer de moi ! Amen !

Un jour, tout en faisant paître mes vaches, je récitais des prières pour les prêtres défunts qui, pendant leur vie, avaient eu le plus d’amour pour notre douce mère MARIE. Mes sens furent suspendus dans la grande lumière de la présence du Très-Haut. Je vis que mon cœur ailé flottait dans l’air ; et malgré tous les efforts qu’il faisait pour voler plus haut, il se montrait lourd, pesant. Peinée de le voir tant fatiguer sans grand succès, j’humiliais mon esprit et regardant plus attentivement, j’aperçus que de ses ailes pendaient deux ou trois fines chaînettes presque imperceptibles, dont les bouts étaient entortillés à des broutilles. Étonnée et chagrinée, je dis : « Que veut dire cela ? » Il me fut répondu : « Votre cœur incliné à l’amour des créatures ne s’en est pas entièrement dégagé. La créature ne volera jamais jusqu’à l’embrassement de l’Époux divin si elle n’est pas complètement détachée de fait et d’affection des créatures dont les arbustes sont la figure. »