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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/230

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VIE DE MÉLANIE

bruit et le fracas qu’il faisait s’arrêta tout à coup, pour recommencer quand nous eûmes traversé.

Quelques jours après, on me conduisit chez mes parents ; ils firent le pacte que l’année d’après je retournerais servir chez le même maître et que, quand je serais trop grande pour n’être qu’une bergère, mon maître prendrait un de mes petits frères ou une de mes sœurs pour garder ses vaches.

Ma mère me crut convertie à elle. J’avais alors environ douze ans, elle crut me faire plaisir en m’achetant une jolie paire de souliers bleus vernis ; et un soir elle me dit qu’elle allait me conduire à un bal qui se donnait à l’occasion d’un mariage. Le soir, dès que je vis qu’on se préparait pour partir, ne voulant pas (selon moi ; donner du déplaisir à ma mère, je sortis de la maison afin qu’elle ne me trouvât pas. Le lendemain, fâchée de ce que je n’étais allée avec elle, elle me mit dehors en me disant d’aller où j’avais été la veille. Je m’en allai passer la nuit à la porte d’une petite chapelle de Saint-Roch, à quelques minutes de Corps. Je profitai de ce temps de quiétude pour apprendre. Déjà plusieurs fois chez mes maîtres, plus tard chez mes parents, quand on parlait de moi, on disait :