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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/229

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VIE DE MÉLANIE

sonnes pouvaient le passer en allant d’une pierre à une autre ; et les vaches aussi pouvaient passer sans grand danger de se noyer ; mais ce jour-là, c’était humainement impossible ; l’eau était très haute et elle descendait avec fracas, emmenant avec elle des pierres, des rochers et des arbres et cette eau était bourbeuse. J’étais bien dans la peine : je voyais que mes bêtes souffraient et étaient effrayées. Je m’adresse à ma maman, je lui expose ma crainte. De fait mes vaches ne m’appartenaient pas et s’il leur arrivait malheur, c’est moi qui devais en rendre compte à mon bon Dieu. En un instant je vois mon cher Frère près de moi qui me dit : « Ma sœur, n’ayez pas peur, venez. » Aussitôt je fais retourner mes vaches près du torrent en furie, puis je vais près de l’eau et mon petit Frère lève son bras droit sur le torrent. Il y fit comme un grand signe de croix et aussitôt le torrent resta coupé (du côté d’où il descendait). Mon Frère me dit : « Passez, ma sœur. » Je lui dis : « Attendez, mon Frère, que je fasse vite passer mes vaches ; et vous, mon Frère, passez aussi, passons ensemble », et nous nous donnâmes la main ; nous sommes tous passé ; et arrivés à l’autre bord, je n’ai plus vu mon cher Frère. Dès que le torrent se coupa, le