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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/227

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VIE DE MÉLANIE

Jusqu’à cette époque mon cher Frère m’avait assistée, conduite comme par la main, tout en m’instruisant mieux que le meilleur des maîtres et cela sans doute parce qu’il me savait la plus ignorante des créatures de Dieu. Ses apparitions devinrent moins fréquentes. L’immense lumière de la grande présence du Très-Haut ne cessa nullement ; mon âme s’était unie à mon bien-aimé que je voyais comme chez lui au fond de mon cœur, comme s’il y était lié par les liens de l’amour ; l’œil de mon âme était fixé sur lui comme pour prendre ses ordres, son bon plaisir. Cette union de Dieu véritablement présent dans mon cœur me donnait une incomparable jouissance à laquelle mon corps aussi parfois participait quoique dans un degré inférieur. Je m’empresse d’ajouter, ce qui est bien vrai, que la jouissance de l’union avec Notre-Seigneur ne marche pas seule, c’est-à-dire qu’elle ne peut résider en notre cœur sans la désaltérante et bienfaisante souffrance. Il faut dire aussi que la fidélité de ce cœur qui a Dieu présent doit être au-dessus de toutes les fidélités, parce que la Règle du Divin Amour est sans miséricorde : en l’union de l’âme avec le Dieu sans tache, il faut éviter les plaisirs (humains), les affections