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Page:Calvat - Vie de Mélanie, bergère de la Salette.djvu/225

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VIE DE MÉLANIE

de Providence. Pendant que je travaillais, une bonne vieille femme passant à côté du jardin m’appelle et, pour l’amour de Dieu, me demande deux poireaux pour sa soupe. Vite, sans réflexion, je cueille une bonne poignée de poireaux que je lui donne. J’étais tout heureuse et pensais : « Donc, mon cher Jésus est aimé dans ce village ; oh ! si on pouvait l’aimer autant qu’il est aimable, autant qu’il mérite d’être aimé ! » — Le soir, quand je quittai mon ouvrage et rentrai, mes maîtresses m’attendaient ; elles avaient su ma sottise par cette même femme qui, sans doute par charité, avait averti mes maîtresses que j’étais capable de les ruiner, surtout quand il ne me coûtait que de prendre. Elles me réprimandèrent comme je le méritais et ne m’envoyèrent plus au jardin. La crainte d’avoir offensé Celui que j’aimais était grande ; aussitôt je demandai pardon à mon cher Jésus qui me rassura ; tout en me disant de veiller avec prudence sur mon cœur. Malgré toutes mes fautes, le Très-Haut m’attirait à Lui par une union admirable qui repose pleinement l’esprit : et dans cette union l’âme s’instruit tantôt sur l’Essence incréée, tantôt sur la Providence, tantôt sur le mystère delà Rédemption et sur d’autres vérités de notre

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